Fort McMurray

Ma maison dans mon bagage à main 1


Texte écrit par: Julie Turbide du PURE LAINE Magazine

 

Les feux de forêt à Fort McMurray, en Alberta, m’attristent. Pour avoir vécu deux ans dans les Prairies canadiennes (Un an à North Battleford, SK, et une autre année à Calgary, AB), ma tête est ici, mais mon cœur est là-bas.

 

Réflexe humain s’il en est un, je me demandais hier soir comment je réagirais si j’étais à la place des évacués, quand tu n’as que quelques heures (pour les plus chanceux) pour remplir la voiture et foutre le camp. Et c’est là que je me suis posée la question suivante :

 

Fort McMurray

Si on enlève le caractère urgent, c’est une question que j’ai eu à me poser lors de mes deux séjours hors-Québec. La première fois, j’ai quitté la province en avion, avec les bagages à main et en soute, sans plus. La deuxième fois, c’est en voiture que j’ai traversé le pays pendant trois jours, avec une petite remorque attachée derrière.

 

Devoir faire le tri de ce que je possédais à ce moment-là, à 19 ans et à 24 ans, m’a forcée à me questionner sur ma consommation, même si je possédais encore peu de choses à ce moment-là. À 19 ans, sans maison ni conjoint, la tâche peut paraître simpliste, mais se débarrasser de ses premiers achats d’adolescence, payés à même son argent de poche, c’est tout de même difficile.

 

Adieu, CDs! (iTunes n’existait pas)

Adieu, livres! (Kindle n’existait pas)

Adieu, albums-photos! (Dropbox n’existait pas)

Adieu, mon premier ordi! (iPad n’existait pas)

(Oh! J’ai bien gardé quelques CDs, livres, photos et clés USB, ne vous en faites pas…)

 

Donc, à quoi dois-je m’attendre

si je me pose à nouveau la question aujourd’hui,

cette fois-ci en situation urgente,

maintenant que j’ai 34 ans, un appartement, un conjoint, deux enfants et un chat?

 

Réponse : bien peu de choses, en fait.

 

J’entasserais dans la voiture le conjoint, les deux enfants, le chat, les toutous préférés, quelques livres, la tablette et le portable, les papiers importants (incluant passeport et portefeuilles), de quoi se vêtir pendant 3 jours, couvertures et oreillers, eau et vivres, et… et bien, c’est ça.

 

WOW.

 

Alors, voulez-vous bien me dire pourquoi je possède trop assez de choses pour remplir un appartement de quatre pièces et demi?

 

Je dois avouer que ce matin, j’ai fait le tour des chambres, un goût amer dans la bouche. Peu importante, ma lampe vintage jaune? Non-nécessaire, ma collection de Casse-noisette? Et que dire de mon immense collection de jouets Fisher-Price, mes livres de recettes des années 1970 et mes boîtes de thés David’s?

 

Sans nécessairement me donner le défi de ne rien consommer pendant six mois, une grosse prise de conscience s’impose, et vite.

 

Je vous laisse, j’ai du ménage à faire…

 

À propos de l’auteure:

Julie TurbideEx-journaliste, ex-traductrice, c’est à la tête des produits tricotés + patrons de tricot Bébé Bottine que Julie Turbide s’est d’abord fait connaître. Maman de deux cocottes, la diplômée de l’Université Laval (2006) a lancé son blogue PURE LAINE Magazine en 2016 pour déclarer son amour aux produits québécois. Fière représentante des entrepreneurs, des mamentrepreneures et des créateurs, elle les suit depuis des années à travers leurs joies et leurs découragements. Elle a un je-ne-sais-quoi pour découvrir les nouvelles tendances, le « WOW » du moment et les valeurs sûres.

Pour suivre Julie et faire de belles découvertes:

http://purelainemagazine.ca

 

 


Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

One thought on “Ma maison dans mon bagage à main

  • Genevieve

    En effet, ce qui se passe présentement nous fait énormément réfléchir. Je ne suis pas très matérialiste en partant, mais j’avoue qu’il y a beaucoup de gogosses dans la maison qui trainent et, soyons honnêtes, n’apportent rien (sauf accumuler la poussière). Quand le temps du ménage de printemps arrive, je jubile. Je débarrasse et ça me fait tellement du bien!
    Excellement billet, bravo!!!